Gérant de SARL ou d’EURL : pourquoi votre protection sociale est plus fragile que vous ne le pensez

prévoyance du gérant majoritaire

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Créer une SARL ou une EURL et en devenir gérant majoritaire, c’est choisir un statut souvent avantageux en cotisations sociales. Mais ce choix a une contrepartie que beaucoup de dirigeants découvrent trop tard : en tant que travailleur non salarié, le gérant majoritaire n’a ni la prévoyance collective d’un salarié, ni une couverture de base suffisante en cas d’arrêt de travail.

Un régime de base plafonné

Le gérant majoritaire relève de la Sécurité sociale des indépendants. En cas d’arrêt maladie, il perçoit à partir du 4e jour une indemnité journalière égale à environ la moitié de son revenu moyen des trois dernières années, plafonnée à 65,84 € par jour en 2026, soit à peu près 2 000 € par mois. Au-delà d’un certain niveau de rémunération, l’indemnité n’augmente plus : un gérant qui se verse 6 000 € par mois ne touchera quasiment pas plus qu’un gérant qui s’en verse 4 000.

Le piège de la rémunération faible

Beaucoup de gérants se versent une rémunération modeste et complètent par des dividendes. Or les indemnités sont calculées sur les revenus soumis à cotisations : les dividendes qui y échappent ne comptent pas. Une rémunération basse, optimisée pour réduire les charges, donne donc des indemnités basses en cas d’arrêt. C’est aussi vrai pour les contrats de prévoyance dits indemnitaires, qui plafonnent le versement au revenu réellement perdu : il faut vérifier comment l’assureur définit ce revenu avant de signer.

L’invalidité, le risque le plus sous-estimé

En cas d’invalidité, la pension de base est limitée à environ 1 200 € par mois en invalidité partielle et 2 000 € en invalidité totale. Pour un dirigeant qui doit continuer à faire vivre sa famille, rembourser un prêt et parfois garantir un emprunt de la société, ces montants sont très loin du compte.

Protéger aussi l’entreprise

Quand le gérant s’arrête, la société continue de payer son loyer, ses abonnements, ses salariés. Une garantie « frais généraux » permet de couvrir ces charges fixes pendant l’arrêt, indépendamment des indemnités versées au dirigeant lui-même.

Un coût en partie déductible

Les cotisations d’un contrat de prévoyance « Madelin » sont déductibles de la rémunération imposable du gérant majoritaire, dans les limites prévues par la loi. En contrepartie, les indemnités perçues seront imposables.

Par où commencer

Le bon réflexe est de faire le point au moment de la création de la société, quand on est jeune et en bonne santé : c’est là que le contrat coûte le moins cher et que la sélection médicale est la plus simple. Pour aller plus loin, ce guide sur la prévoyance du gérant majoritaire détaille les garanties à regarder et les pièges propres à ce statut.